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Arthur: Coyotte pour oublier le Nespresso-gate

17 Fév

Il y a cinq ans, l’animateur de télévision Arthur a pris 10% du capital de Coyotte, le site d’avertisseur de radars, avec 21Centrale Partners, le fonds d’investissement de la famille Benetton. Les deux investisseurs ont finalement cédé leurs parts aux fondateurs de la société française, Fabien Pierlot et Jean-Marc Van Laetehm… qui sont allés chercher des fonds auprès de deux fonds, l’américain Fallaron et le français HLD. Dans l’aventure, la société a vu sa valorisation passer de 40 millions d’euros à l’époque à 120 millions aujourd’hui.

Pour la holding qui gère cette transaction, Financière Safety Systems, créée conjointement par les Benetton et Arthur en 2009, l’investissement initial de quatre millions d’euros s’est transformé en huit millions de plus-value. La part d’Arthur passera probablement parsa holding luxembourgeoise AW Equity, créée entre les deux tours de l’élection présidentielle française en 2012. Une somme qui lui permettra de mieux digérer le différend qui l’oppose toujours au fonds d’investissement des Benetton.

Car Arthur a portéplainte en France et en Italie contre 21Partners pour obtenir le remboursement des huit millions d’euros qu’il a investis en 2010 dans la start-up suisse ECC plus des dommages et intérêts. Si l’histoire ne passe pas par Luxembourg alors que chacun de ces trois acteurs y est établi, c’est parce que l’affaire remonte à «trop» loin.

Arthur-Benetton: je t’aime moi non plus

L’histoire commence avec Jean-Paul Gaillard. C’est au malin patron de Nespresso, pendant dix ans à la fin des années 1980, que l’on doit le positionnement de la marque de café et ses célèbres petites capsules auprès des particuliers. Quand il quitte le célèbre groupe, il sait déjà que ce n’est pas pour longtemps: il a en effet calculé que le brevet de la petite capsule de café, déposé en 1978, tombe dans le domaine public en 2008. Il crée alors la société Ethical Coffee Company, une alternative à Nespresso avec des capsules biodégradables. De quoi énerver Nestlé. Ce qui ne le découragera jamais, lui, le sérial entrepreneur à qui l’on doit quelques coups marketing comme la marque de vêtements de Philip Morris Marlboro Classics ou encore le sauvetage de l’horloger Bertolucci.

Quand il crée sa start-up, en Suisse en 2010, le fonds d’investissement de la famille Benetton, 21Partners devient l’un des principaux investisseurs, avec 35 puis 50 millions d’euros. «C’est une multinationale à lui tout seul! Il a une vision stratégique, le sens du marketing et la connaissance technique», s’enflamme alors par exemple Cédric Abitbol de 21Partners. Dans la foulée de la famille Benetton, d’autres investisseurs s’engagent à leur tour, comme la Arthur World Finance, Unigrains et un fonds d’investissement suédois.

Au moment de la signature des documents, fin août 2010, les investisseurs en sont sûrs: les 5,5 millions de machines Nespresso mais aussi la possibilité d’acheter les capsules d’ECC dans 500 magasins plus dans les supermarchés Casino en France, soit 8.600 points de vente, pour un marché estimé à 4 milliards de capsules vendues chaque année, notamment en France, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne, ne tardera pas à permettre d’atteindre un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros dès 2011.

Nestlé contre-attaque

Seulement les choses ne se passent pas comme prévu: Nestlé n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds par son ancien directeur et multiplie les recours devant la justice en modifiant sa machine, ce qui ne permet plus d’utiliser les capsules ECC, mises au point avec l’aide d’une petite société pyrénéenne Vegeplast, spécialisée dans les matériaux biodégradables.

C’est justement pour ce plan d’affaires qui n’a pas été atteint que la société de l’animateur attaque le fonds d’investissement et, curieusement pas la société elle-même… Ni la porte-parole d’Arthur, Françoise Doux, ni ses avocats Olivier Pardo et Axelle Schmitz, n’ont voulu expliquer ses positions. Arthur avait investi huit millions d’euros à ce moment-là, ce qui lui permettait de posséder 5% des parts d’ECC.

La procédure se déroule en Italie et en France parce qu’Arthur World Participation Group n’est devenu luxembourgeoise que le 28 décembre 2012, les deux frères Essebag, Jacques et Olivier, le véritable nom d’Arthur, possédant la totalité des 52 millions d’euros du capital social.

2015, la meilleure année d’ECC?

En Italie et en France parce que 21Partners, le fonds d’investissement de la famille Benetton, n’est pas basé au Luxembourg contrairement à une grande partie de la structure financière de l’empire, soit quatorze sociétés depuis 1978 pour la holding.

Et l’affaire intervient alors que 2014 a été une bonne année pour M. Gaillard, qui a enregistré une série de victoires contre Nestlé en Suisse et en Allemagne et en France. Pour échapper à une amende en France pour «abus de position dominante», Nestlé s’engage auprès de l’Autorité française de la concurrence à mettre fin à ses pratiques anticoncurrentielles.

«Depuis que le conflit créé par Nestlé est résolu», indiquait le p.-d.g. de ECC pour BFM TV, «nous enregistrons une très forte croissance». Au point que la société finalise une nouvelle levée de fonds, de 50 millions d’euros. C’est donc avec quatre ans de retard sur son plan que ECC devrait pouvoir enfin donner la mesure de tout son potentiel.

Thierry Labro Luxemburger Wort

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