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Boire du café chaque jour est bon pour la santé

17 Mai

La réduction de la mortalité peut aller jusqu’à 15 % à partir de deux tasses par jour.

Le café est la boisson la plus consommée dans le monde après l’eau. Autant dire que des millions de personnes vont se réjouir des résultats présentés ce jeudi dans le New England Journal of Medicine, la principale revue internationale de médecine.

Sur une période d’un peu plus de treize années, on observe une réduction de mortalité liée à la consommation de café d’un groupe de 400.000 personnes âgées de 50 à 71 ans. Et pas des moindres, 10 % de morts en moins à partir de deux tasses par jour, par rapport au groupe de ceux qui n’en boivent pas. La réduction est même de 15 % pour les femmes.

«Notre étude peut rassurer les buveurs de café», a confié au Figaro le Pr Neal Freedman qui a dirigé l’étude pour l’Institut national américain du cancer, «mais individuellement il faut consulter son médecin pour avoir des recommandations globales de régime adaptées, notamment sur le café, en particulier si l’on a des problèmes de santé». Ces résultats ne surprennent pas le Pr Jean Costentin, membre des Académies de médecine et de pharmacie. Pour lui qui a dirigé pendant trente ans une unité de recherche de neuro-psychopharmacologie, «le café est une bonne drogue. C’est une drogue dans le sens où il y a une addiction. Il y a une dépendance psychique manifeste. Mais elle est bonne car c’est la seule qui ne perturbe pas le fonctionnement psychique… avec le tabac, mais on sait la toxicité énorme du tabac pour la santé. On est plus éveillé, plus dynamique, plus performant».

Pour le nutritionniste Jean-Paul Blanc, coauteur d’un livre qui passe en revue les idées reçues sur la nutrition (Les carottes rendent aimables?, First Éditions), «le café est d’abord un plaisir. Il est sans danger nutritionnel du moment que l’on n’en abuse pas et que l’on n’est pas dans certaines situations particulières: femme enceinte, reflux gastro-œsophagien, prise de certains médicaments…». Pas de café pendant la grossesse donc, mais pas question non plus de recommander le café pour être en meilleure santé selon le Pr Laurent Chevallier, consultant en nutrition, praticien attaché au CHU de Montpellier: «Il faut rester prudent car la torréfaction fait apparaître l’acrylamide, une substance potentiellement cancérigène chez l’homme».

Le tabac pris en compte

Seul bémol, l’étude américaine n’a pas montré de réduction de la mortalité due au cancer alors qu’il y a en a bien une pour toutes les autres grandes causes: maladies cardio-vasculaires et respiratoires, diabète, accidents, infections. L’étude montre même une tendance à l’augmentation du risque de mortalité par cancer, non significative statistiquement, pour les hommes qui prennent plus de 5 tasses par jour: «Nous n’avons pas d’explication ­claire», a indiqué le Pr Freedman au ­Figaro.

L’effet noté par les chercheurs américains a d’autant moins de chances d’être dû au hasard que les principaux facteurs susceptibles d’influer sur le résultat ont été pris en compte. En particulier le tabac. En effet, la mauvaise réputation du café est surtout venue du fait que les buveurs de café sont aussi plus souvent des fumeurs, donc à risque de santé augmenté. Lorsque l’on n’en tient pas compte on risque de lui attribuer une augmentation de la mortalité qui vient en réalité du tabagisme.

D’ailleurs, le Pr Costentin déconseille le café aux enfants: «Pour ne pas commencer l’apprentissage de la psychostimulation». Du café à la cocaïne, il y a un grand pas pour l’homme… mais un petit pour la neuropharmacologie! Il vaudrait donc mieux attendre d’être bien armé mentalement pour s’y frotter. Enfin le Pr Freedman invite à ne pas trop s’enthousiasmer sur la base de ses seuls résultats car rien ne prouve que l’effet observé chez les buveurs de café persistera pour quelqu’un qui n’en buvait pas et déciderait de se convertir.

Le Figaro Damien Mascret

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