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GUERRE DES CAPSULES DE CAFÉ : QUE VALENT LES BREVETS ? | Capsule Compatible Nespresso

GUERRE DES CAPSULES DE CAFÉ : QUE VALENT LES BREVETS ?

18 Juin

Jusqu’ici commerciale, la guerre des capsules de café s’étend aux brevets. Nestlé, le propriétaire de la marque Nespresso, vient en effet d’attaquer Sara Lee et Casino devant la justice pour contrefaçon de brevets. Sara Lee et Casino proposent depuis quelques semaines des capsules compatibles avec celles de Nespresso. Ont-ils réussi à contourner les brevets de Nestlé ?

Trois questions à Pierre Breesé, consultant en propriété intellectuelle

I&T : Nestlé revendique pas moins de 1 700 brevets sur sa machine à café Nespresso. Ce chiffre n’est-il pas exagéré ?

Pierre Breesé : Pas du tout. D’abord, ces brevets ne se limitent pas à la machine. Ils couvrent aussi la capsule et le mécanisme. Ce chiffre comprend probablement aussi les extensions dans différents pays. C’est courant, pour un produit d’apparence simple, d’avoir un grand nombre de brevets. Par exemple,Apple détient pas moins de 5 000 brevets sur l’iPhoneNestlé met en ouvre une stratégie classique de protection de la propriété intellectuelle qui consiste à déposer une grappe de brevets protégeant chacun un petit détail de l’invention. Pris isolément, chaque brevet est facile à contourner. Mais pas l’ensemble. C’est un peu comme sur un champ de mines. Si le terrain est protégé par quelques grosses mines, il assez aisé de les repérer et de les éviter. Mais pas quand il est tapissé par un grand nombre de petites mines.

I&T : Avec ses capsules différentes en apparence de celles de Nestlé, puisqu’elles sont en plastique et non en aluminium, et sont percées et non fermées, Sara Lee échappe t-il au filet de protection du groupe agroalimentaire suisse ?

P.B : Dans ce genre d’affaires, les choses se présentent rarement en noir ou blanc. Chaque partie a ses arguments. Il appartient à la Justice de les départager. Un groupe agroalimentaire aussi puissant que Sara Lee a du mener une analyse sérieuses des brevets de Nestlé et mettre les moyens pour les contourner. De son coté, Nestlé ne peut pas rester les bras croisés. Il se doit de réagir, ne serait-ce que pour dissuader d’autres de suivre l’exemple de Sara Lee. Je suis sûr que l’affaire, comme de coutume, se terminera par un arrangement. C’est classique : on montre d’abord ses muscles, puis on essaie de négocier.

I&T Cette affaire n’est-elle pas de nature à conforter ceux qui pensent que le brevet ne protège pas ?

P.B : Oui le brevet n’offre pas une protection à 100 %. Mais après tout, Nestlé a bénéficié d’une protection efficace pendant 10 ans d’exploitation commerciale. Ce n’est pas mal. Son monopole ne peut pas durer indéfiniment. Et c’est normal que d’autres arrivent maintenant sur ce marché.

Ceci étant, le cas de Nespresso est un bel exemple de réussite industrielle. Par une stratégie habile de protection, qui consiste à prolonger les brevets existants par des nouveaux brevets correspondants à des améliorations incrémentales, Nestlé offre un cas d’école intéressant en matière propriété intellectuelle.

Propos recueillis par Ridha Loukil http://www.industrie.com/it/

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