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Le prix du café inquiète La Semeuse

24 Oct

La Semeuse se bat avec vigueur contre la hausse du prix du café et pour ses dosettes écologiques

Ivan Radja – le 23 octobre 2010, 22h14
Le Matin Dimanche

Depuis plusieurs mois, Marc Bloch tient bon. Les prix des cafés La Semeuse n’ont pas bougé. «Mais si les cours fixés aux bourses de Londres et New York, en augmentation depuis ce printemps et qui viennent de subir une nouvelle flambée, continuent sur cette lancée, je serai contraint de les modifier à la hausse début 2011. Il suffit que quelques gros spéculateurs s’emparent d’une matière première, et nous souffrons en bout de chaîne», soupire le directeur de la société basée à La Chaux-de-Fonds. De 20 à 25 fr. le kilo (de 35 à 38 fr. pour les dosettes espresso), les prix pourraient être réajustés de 4% à 6% vers le haut.

Un petit au coeur du «Nespressoland»
La crise érode aussi les ventes aux établissements publics (- 1%) et aux entreprises (- 4%). «C’est normal, avec le chômage il y a moins de personnel, donc moins de cafés bus, constate-t-il. Si, pour les grandes banques, on parle de «too big to fail», pour des entreprises comme la nôtre on pourrait appliquer le slogan «too small to succeed». Mais il faut savoir où on est, et ce qu’on peut viser. C’est beau d’être une PME.» Une PME de 40 employés qui s’en tire bien, avec un chiffre d’affaires qui oscille «entre 10 et 11 millions de francs par an, assez stable, avec une légère progression depuis dix ans».

A 60 ans, Marc Bloch doit relever de nombreux défis. Comment régater face aux poids lourds de la branche, lorsqu’on est une petite structure familiale, fondée en 1900? «Ce n’est pas évident quand on est au coeur du «Nespressoland». Attention, je n’ai rien contre eux: nous devons tous une fière chandelle à Nespresso, qui a vraiment popularisé le café et inscrit dans les esprits que le choix d’un bon grain, d’un bon mélange, c’est important.»

Avec six assemblages et sept cafés estampillés «pure origine», La Semeuse tient à ses spécialités torréfiées à 1000 mètres, comme le rappelle le slogan. «Ce n’est pas qu’un slogan. L’altitude permet de torréfier à 210 degrés plutôt que 230 degrés en plaine, et de garder davantage de saveur. Une bonne torréfaction, c’est comme de la vinification.» Marc Bloch élabore des mélanges, hume les grains, voyage aux quatre coins du monde «sans jamais acheter sur place pour ne pas être trompé par l’ambiance du pays». Des créations qu’il lance avec une pointe d’inquiétude, tel ce Mocca Green, moitié café torréfié et moitié café vert de Tanzanie, antioxydant. «J’espère qu’il va plaire!».

Les distributeurs tiennent en rayons un, deux, voire trois cafés La Semeuse, mais 90% sont constitués par le fameux Mocca. «Je pourrais ne faire que celui-là, mais ce n’est pas dans ma philosophie.» Les spécialités se vendent essentiellement via leur site Internet. Quant aux exportations (10% du volume), elles visent la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ainsi que les Etats-Unis, la Russie et l’Iran.

La guerre des capsules
La concurrence demeure rude, à l’heure où le bras de fer est engagé dans le secteur des dosettes individuelles. Partisan des portions souples et biodégradables (quelques millions de doses par année), lancées il y a dix ans, Marc Bloch a la foi du charbonnier: «Elles sont compatibles avec toutes les machines, sauf celles des systèmes fermés, comme Nespresso, ou celui de la Coop et sa marque Martello.» La formule marche bien: au chapitre des portions, qui représentent 10% du volume, La Semeuse progresse de 7% au dernier exercice. «C’est un gâteau que tout le monde veut se partager. Les attaques de Sara Lee et Ethical Coffee, avec leurs capsules Nespresso-compatibles, pourraient bien faire perdre au géant Nespresso 30% de ce marché.»

Credo écologique
La Semeuse reste, taille oblige, en marge de ce combat de titans. Mais étudie des pistes pour son système. Intégrer le concept des dosettes souples en commercialisant ses propres machines est un but qui se heurte pour l’instant à des problèmes techniques. Contrairement aux dosettes rigides, elles ne se prêtent pas bien à l’extraction automatique des machines. «Nous étudions le cas, cela prend du temps, confesse Marc Bloch. Mais pas question de s’entêter: si le marché veut des portions rigides, nous y viendrons, on ne va pas mourir en ayant raison.»

Cela signifierait renoncer au credo écologique: «Nous devrions remplacer nos bobines de papier-filtre par des récipients rigides, ce qui correspond à 60% de volume en plus. Ce n’est pas du développement durable. Sur ce point, le secteur du café suit la tendance inverse de l’automobile. Nous nous sommes amusés à faire un rapide calcul, qui montre que les 5 milliards de dosettes Nespresso annuelles représentent, en production d’aluminium, 50 statues de la Liberté…»


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